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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 06:37

Après l'accueil des "Trois Tchekhov" de Patrick Pineau, les œuvres du dramaturge russe Tchekhov seront à nouveau à l'honneur à la salle de spectacle Carré d'argent à Pont-Château en mars et avril prochains.

Lundi 17 mars à 19h30 : La nostalgie de l'avenir -- Coup de cœur Festival d'Avignon 2012
Cette pièce commence là ou finit "La Mouette" : le suicide de Constantin. S'en suit alors une recherche d'explications. Transposées à l'époque actuelle, les scènes se succèdent et sont interrompues ou accompagnées par des intermèdes musicaux ou vidéo.

Jeudi 24 avril à 20h30 : La dernière fête -- Création mondiale 2014
40 comédiens et choristes sur scène : Ensemble Leporello (Belgique) et le chœur d’Angers Nantes Opéra. Un condensé de l’œuvre de l’auteur russe Tchekhov à travers 5 de ses pièces majeures : « Oncle Vania », « La Mouette », « Ivanov », « Les Trois Sœurs » et « La cerisaie »

Tarifs : de 8 à 22€
Infos et réservations : 02 40 01 61 01 / billetteriecap@pontchateau.fr

 

Spectacles autour de Tchekhov au Carré d'argent de Pont-Château
13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 21:12
Marina Tsvetaeva. Carole Bouquet dans l'emission Passion Classique.

 

Lecture d’extraits d’oeuvres de Marina Tsvetaeva, établis par Nahal Tajadod

 

« Je suis un être vivant et j’ai très mal.

Je suis le bouc qu’on veut égorger.

Je suis ce brouet qui bout sur le réchaud.

Je suis dure et aigrie, et on ne m’aime pas, on s’extasie, on

a peur.

Je suis malgré tout une femme et tragiquement bien élevée,

mariée, des enfants, etc.

Je suis en état permanent de renoncement.

Je suis mauvaise, incapable de partager.

Je suis dure, personne ne m’a appris, ne m’a aidée.

Je suis nombreuse. Innombrable, peut-être ! (Foule insatiable !)

Dans l’amour - et nulle part ailleurs - je suis nerveuse : comme

un cheval. Ces oreilles de cheval, pointues, dressées, cette

manie de chien courant, le nez aux aguets, qui vient sentir un

renard, ou qui peut-être ne l’a pas senti.

Je suis réglée, je vais au marché, je fais le ménage. Pas de

livres, il n’y a pas de bibliothèque, ne serait-ce que paroissiale

- nulle part où aller.

Je suis un éclair de longue haleine.

Je suis ni en liberté, ni en laisse, ni épouse, ni pas épouse, ni

celle de quelqu’un, ni celle de personne. »

 

Elle n’est ni blanc, ni rouge. Ni avec ni sans.

Pour être en relation avec quelqu’un, son mode préféré, c’est le rêve, la lettre et non pas les rencontres. De retour en URSS, après 17 ans d’exil en Europe, en 1941, Marina Tsvetaeva se suicide, à l’âge de 49 ans. Ce soir, par la lecture de ses lettres à Boris Pasternak, elle est Carole Bouquet sur la scène, Nahal Tajadod dans les coulisses et chacun des spectateurs dans la salle, « foule insatiable. »

12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 00:20
Ivan Tourgueniev par Ilya Repine (1874)

Ivan Tourgueniev par Ilya Repine (1874)

 

Ivan Sergueïevitch Tourgueniev

 

Иван Сергеевич Тургенев

 

POÈMES EN PROSE

 

LA LANGUE RUSSE

 

À l'heure du doute, lorsque, sombre, j'interroge le destin de ma patrie, tu es ma seule consolation, mon unique soutien, ô langue russe, grande, forte, libre et franche ! Sans toi, comment ne pas désespérer de ce qui se passe chez nous ? Mais il n'est pas possible de croire qu'une telle langue n'ait pas été donnée à un grand peuple !

Juin 1882

 

 

Из стихотворения в прозе

«Русский язык»

"Во дни сомнений, во дни тягостных раздумий о судьбах моей родины, — ты один мне поддержка и опора, о ВЕЛИКИЙ, МОГУЧИЙ, правдивый и свободный РУССКИЙ ЯЗЫК ! Не будь тебя — как не впасть в отчаяние при виде всего, что совершается дома? Но нельзя верить, чтобы такой язык не был дан великому народу!"

И.С.Тургенев (1818 – 1883)

Июнь, 1882 г.

 

http://www.ebooksgratuits.com/ebooks.php?auteur=Tourgueniev_Ivan+Sergue%EFevitch

I. S. Tourgueniev : "LA LANGUE RUSSE" poèmes en prose

Иван Сергеевич Тургенев. "Русский язык"

17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 06:18

Je vous reconmmande ce livre que j'ai bien aimé :

 

"Dernières nouvelles du bourbier"

de Alexandre Ikonnikov

 

Ikonnikov.jpg

 

L’univers littéraire russe est marqué par une originalité supplémentaire : les écrivains vont parfois se faire éditer à l’étranger et, dans ce cadre, écrivent même dans une autre langue que leur langue dite maternelle. C’est le cas de Vladimir Kaminer, qui écrit toute son œuvre en allemand, et est même considéré comme un écrivain de langue allemande, mais aussi d’Ikonnikov, qui écrit principalement en russe, avant de se traduire lui-même en allemand, mais peut aussi rédiger directement dans cette langue, qu’il enseigne par ailleurs.

 

Le recueil de nouvelles qu’Alexandre Ikonnikov a publié en Occident, et non pas en Russie, entre autres pour des raisons financières, s’intitule Taïga Blues en Allemagne et Dernières nouvelles du bourbier en France. D’emblée, le contrat de lecture est différent : le titre français ne comporte pas de connotation relative à la Russie, et si le blues évoque la mélancolie, le bourbier fait plutôt référence à une situation difficile. Le titre allemand, à consonance anglophone et internationale, aurait pu être maintenu tel quel en français, et dans ses interviews, l’auteur révèle qu’il a été choisi pour des raisons commerciales.

Le changement qu’il subit ouvre un questionnement sur la réception de l’œuvre, et même sur son identification. Le titre français conduit à lui attribuer un caractère comique et à lire le recueil dans l’optique satirique, tandis que le titre allemand oriente la lecture différemment et pointe vers une autre interprétation sur le plan même de la philosophie que les textes recèlent : le lecteur s’attend à une œuvre mélancolique, dont la tristesse porte à douter du sens de l’existence. Taïga Blues relèverait plutôt de l’absurde.

 

Lire la suite :

http://slavica.revues.org/297

 

" En fait, la prétendue âme russe se réduit à quatre composantes : la croix russe, la langue, la vodka et le bonheur dans la souffrance. "

 

Une mutinerie dans une colonie pénitentiaire, un paysan qui achète une machine à laver sans penser à l'évacuation d'eau, la visite présidentielle dans une province qui prospère aux dépens du bien public, un appelé oublié dans la steppe par son unité militaire Ikonnikov porte sur ses compatriotes un regard aigu. Loin de Moscou, il nous fait pénétrer dans un monde archaïque, retourné à une forme de communion à la fois corporelle et spirituelle. Fidèle à une tradition russe qui va de Gogol à Babel, Alexandre Ikonnikov ne condamne pas plus qu'il n'enjolive. Mêlant comique et tragique, il se tient à une distance soigneusement réglée, celle de l'observateur actif.

 

 

Amazon.fr :

 

On s'attend à un recueil de nouvelles dures, sans pitié, à la vision froide comme les régions lointaines du pays qu'elle décrivent. Ce n'est pas tout à fait faux, ni tout à fait vrai. Alexandre Ikonnikov est un guide objectif portant sur son pays un regard qui ne juge ni ne méprise. Il évoque ces terres reculées, bien loin de Moscou avec une candeur d'écrivain voyageur vierge de toute éducation. À la surface de ces textes brefs, confinant tout aussi bien au tragique qu'à l'absurde, affleure l'essence du peuple russe, bien loin des clichés d'un Occidental en maraude. Un peuple qui s'accommode, en vrac, des conditions climatiques, de la vodka frelatée, de l'ouverture au libre-échangisme et à la loi du marché, des trafics des puissants, des décisions arbitraires, de l'instinct de survie, de la beauté de la vie. Comme ces deux amis partant à la pêche accompagnés d'une bonne dose d'alcool de contrebande, ce directeur de district forestier en proie aux ordres insensés de sa hiérarchie, ces policiers taraudés par le doute quand il s'agit de se débarrasser de la jambe qu'une femme à ôtée à son mari d'un coup de hache...
 
Ce livre est une comète. Ne le manquez pas. Alexandre Ikonnikov nous parle trop bien de l'humanité pour que vous passiez à côté.
 
--Hector Chavez

 

 

Biographie de l'auteur :

Alexandre Ikonnikov est né en 1974 à Urshum, près de Kirov, au bord de la Viatka. Ses études d'allemand achevées, Alexandre Ikonnikov a l'âge du service militaire ; peu désireux de se retrouver dans l'armée russe (c'est alors la guerre en Afghanistan), il fait le choix du service civil. Deux années durant, il enseigne l'anglais à Bystritza.

Ikonnikov s'installe ensuite à Kirov où il collabore à un journal local en tant que journaliste et interprète, et renonce rapidement à ces activités pour se consacrer à l'écriture.

 

Son premier livre, Dernières nouvelles du bourbier, d'abord publié en Allemagne (sous le titre Taiga Blues), a parfois été directement écrit en allemand. Alexandre Ikonnikov n'est pas publié dans son pays.

 

2 éditions :

 

- Editions de l'Olivier (15 janvier 2003) 18 €

- Seuil (28 août 2004)  Collection : Points - Numéro 1250  6 €

 

Le blog des bouquins

 

 

 

lexpress.fr/culture

 

 

 

28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 11:05

Письмо Онегина к Татьяне

 

"Евгений Онегин" (А.С. Пушкин)

 

 


  Предвижу всё: вас оскорбит
Печальной тайны объясненье.
Какое горькое презренье
Ваш гордый взгляд изобразит!
Чего хочу? с какою целью
Открою душу вам свою?
Какому злобному веселью,
Быть может, повод подаю!



Случайно вас когда-то встретя,
В вас искру нежности заметя,
Я ей поверить не посмел:
Привычке милой не дал ходу;
Свою постылую свободу
Я потерять не захотел.
Еще одно нас разлучило...
Несчастной жертвой Ленский пал...
Ото всего, что сердцу мило,
Тогда я сердце оторвал;
Чужой для всех, ничем не связан,
Я думал: вольность и покой
Замена счастью. Боже мой!
Как я ошибся, как наказан!

Нет, поминутно видеть вас,
Повсюду следовать за вами,
Улыбку уст, движенье глаз
Ловить влюбленными глазами,
Внимать вам долго, понимать
Душой всё ваше совершенство,
Пред вами в муках замирать,
Бледнеть и гаснуть... вот блаженство!

И я лишен того: для вас
Тащусь повсюду наудачу;
Мне дорог день, мне дорог час:
А я в напрасной скуке трачу
Судьбой отсчитанные дни.
И так уж тягостны они.

Я знаю: век уж мой измерен;
Но чтоб продлилась жизнь моя,
Я утром должен быть уверен,
Что с вами днем увижусь я...


Боюсь: в мольбе моей смиренной
Увидит ваш суровый взор
Затеи хитрости презренной -
И слышу гневный ваш укор.

Когда б вы знали, как ужасно
Томиться жаждою любви,
Пылать - и разумом всечасно
Смирять волнение в крови;

Желать обнять у вас колени,
И, зарыдав, у ваших ног
Излить мольбы, признанья, пени,
Всё, всё, что выразить бы мог.
А между тем притворным хладом
Вооружать и речь и взор,
Вести спокойный разговор,
Глядеть на вас веселым взглядом!..


Но так и быть: я сам себе
Противиться не в силах боле;
Всё решено: я в вашей воле,
И предаюсь моей судьбе.
27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 21:43

Письмо Татьяны к Онегину

 Александр Сергеевич Пушкин

Письмо Татьяны к Онегину

 

 

Я к вам пишу – чего же боле?
Что я могу еще сказать?
Теперь, я знаю, в вашей воле
Меня презреньем наказать.

Но вы, к моей несчастной доле
Хоть каплю жалости храня,
Вы не оставите меня.

Сначала я молчать хотела;
Поверьте: моего стыда
Вы не узнали б никогда,
Когда б надежду я имела
Хоть редко, хоть в неделю раз
В деревне нашей видеть вас,
Чтоб только слышать ваши речи,
Вам слово молвить, и потом
Все думать, думать об одном
И день и ночь до новой встречи.
Но, говорят, вы нелюдим;

В глуши, в деревне всё вам скучно,

А мы... ничем мы не блестим,
Хоть рады вам и рады простодушно.

 

Зачем вы посетили нас?
В глуши забытого селенья
Я никогда не знала б вас,
Не знала б горького мученья.
Души неопытной волненья
Смирив со временем (как знать?),
По сердцу я нашла бы друга,
Была бы верная супруга
И добродетельная мать.

 

Другой!.. Нет, никому на свете
Не отдала бы сердца я!
То в высшем суждено совете...
То воля неба: я твоя;
Вся жизнь моя была залогом
Свиданья верного с тобой;
Я знаю, ты мне послан богом,
До гроба ты хранитель мой...
Ты в сновиденьях мне являлся,
Незримый, ты мне был уж мил,
Твой чудный взгляд меня томил,
В душе твой голос раздавался
Давно...нет, это был не сон!
Ты чуть вошел, я вмиг узнала,
Вся обомлела, заплыла
И в мыслях молвила: вот он!
Не правда ль? Я тебя слыхала:
Ты говорил со мной в тиши,
Когда я бедным помогала
Или молитвой услаждала
Тоску волнуемой души?
И в это самое мгновенье
Не ты ли, милое виденье,
В прозрачной темноте мелькнул,
Проникнул тихо к изголовью?
Не ты ль, с отрадой и любовью,
Слова надежды мне шепнул?
Кто ты, мой ангел ли хранитель,
Или коварный искуситель:
Мои сомненья разреши.

Быть может, это все пустое,
Обман неопытной души!
И суждено совсем иное...
Но так и быть! Судьбу мою
Отныне я тебе вручаю,
Перед тобою слезы лью,
Твоей защиты умоляю...
Вообрази: я здесь одна,
Никто меня не понимает,
Рассудок мой изнемогает,
И молча гибнуть я должна.
Я жду тебя: единым взором
Надежды сердца оживи
Иль сон тяжелый перерви,
Увы, заслуженный укором!

 

Кончаю! Страшно перечесть...
Стыдом и страхом замираю...
Но мне порукой ваша честь,
И смело ей себя вверяю...

 

 

 

Eugène ONEGUINE

Traduit du Russe par Jean-Louis BAKES

pages 114 à 117

Édition : Folio

 

 

 

31

( ... )

 

LETTRE DE TATIANA A ONEGUINE

 

Je vous écris; voilà. C'est tout.

Et je n'ai plus rien à vous dire.

Maintenant, je sais, vous pouvez

Me mépriser pour me punir.

 

Mais vous aurez pour mon malheur

Juste un petit peu de pitié.

Vous ne m'abandonnerez pas.

Au début, je voulais me taire.

 

Croyez-moi : vous n'auriez  jamais

Rien su de ce qui fait ma honte,

Si j'avais pu avoir  l'espoir

De vous voir dans notre village

 

Peut-être une fois par semaine,

Juste d'entendre votre voix,

De vous dire un mot, pour, ensuite,

Jour et nuit, penser et penser,

 

Jusqu'à ce que vous reveniez.

Oui, mais on vous dit misanthrope.

Notre campagne vous ennuie.

 

Ce que nous offrons est bien peu.

Mais nous vous l'offrons de bon coeur.

 

Il a fallu que vous veniez.

Perdue au fond de mon village,

J'aurais pu ne pas vous connaître,

Ignorer cet affreux tourment.

 

Le trouble de mon coeur naïf

Aurait passé avec le temps

( Qui sait ? ) et j'aurais rencontré

Un compagnon ; j'aurais été

Fidèle épouse et bonne mère.

 

Un autre ! Non, personne au monde.

Mon coeur n'était pas fait pour eux.

Le ciel en avait décidé ;

Il l'a voulu : je suis à toi.

Toute ma vie fut la promesse

De cette rencontre avec toi.

C'est Dieu qui t'envoie, je le sais

Pour me garder jusqu'à la mort...

Tu apparaissais dans mes rêves ;

Sans te voir, je te chérissais.

Ton regard me faisait languir,

Ta voix résonnait dans mon âme

Depuis toujours... En vérité

Je t'ai reconnue tout de suite.

Ce fut en moi un froid, un feu,

Et dans mon coeur, j'ai dit : c'est lui !

Je t'entendais, tu le sais bien.

Tu me parlais dans le silence,

Quand j'allais secourir les pauvres

Ou quand la prière apaisait

L'angoisse de mon âme en peine.

Et maintenant, à l'instant même,

C'est toi qui vient de te glisser,

Chère vision, dans la pénombre,

De te pencher à mon chevet,

De me dire des mots d'espoir,

Ces mots d'amour qui me consolent.

Qui es-tu ? Mon ange gardien ?

Ou le perfide tentateur ?

Je doute. Viens me rassurer.

Tout cela, serait-ce un mirage ?

Mon âme naïve se trompe !

Et l'avenir sera tout autre ...

Eh bien ! J'y consens ! A jamais

Je te confie ma destinée.

Je suis là devant toi, je pleure.

Protège-moi, je t'en supplie.

Songe que je suis seule ici,

Que personne ne me comprend.

Songe que ma raison s'égare,

Que je vais mourir sans rien dire.

Je t'attends, que, d'un seul regard,

Tu rendes l'espoir à mon coeur,

Ou qu'un reproche mérité,

Hélas ! mette fin à mon rêve.

 

J'achève. J'ai peur de relire...

Je frémis de peur et de honte...

Mais je compte sur votre honneur.

Hardiment, je me fie en lui.

 

( ... )

 

 

Traduction d'André Markowicz ici

 

Galina Vishnevskaya - Tatyana's Letter Scene part 1

26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 07:24

ПЕСНЯ О БУРЕВЕСТНИКЕ

М. Горький

 

 

Painting_of_maxim_gorki.jpg

 

 

Песня о буревестнике


Аудиофайл 1 :

Читает Новиков Евгений Александрович

 

Аудиофайл 2 :

 

Читает  Ваха А. 

 

 

D'autres enregistrements ici  

 

 

    1. Над седой равниной моря ветер тучи собирает. Между тучами и морем гордо реет Буревестник, чёрной молнии подобный.
    2. То крылом волны касаясь, то стрелой взмывая к тучам, он кричит, и — тучи слышат радость в смелом крике птицы.

    3. В этом крике — жажда бури! Силу гнева, пламя страсти и уверенность в победе слышат тучи в этом крике.

    4. Чайки стонут перед бурей, — стонут, мечутся над морем и на дно его готовы спрятать ужас свой пред бурей.

    5. И гагары тоже стонут, — им, гагарам, недоступно наслажденье битвой жизни: гром ударов их пугает.

    6. Глупый пингвин робко прячет тело жирное в утёсах... Только гордый Буревестник реет смело и свободно над седым от пены морем!

    7. Всё мрачней и ниже тучи опускаются над морем, и поют, и рвутся волны к высоте навстречу грому.

    8. Гром грохочет. В пене гнева стонут волны, с ветром споря. Вот охватывает ветер стаи волн объятьем крепким и бросает их с размаху в дикой злобе на утёсы, разбивая в пыль и брызги изумрудные громады.

    9. Буревестник с криком реет, чёрной молнии подобный, как стрела пронзает тучи, пену волн крылом срывает.

    10. Вот он носится, как демон, — гордый, чёрный демон бури, — и смеётся, и рыдает... Он над тучами смеётся, он от радости рыдает!

    11. В гневе грома, — чуткий демон, — он давно усталость слышит, он уверен, что не скроют тучи солнца, — нет, не скроют!

    12. Ветер воет... Гром грохочет...

    13. Синим пламенем пылают стаи туч над бездной моря. Море ловит стрелы молний и в своей пучине гасит. Точно огненные змеи, вьются в море, исчезая, отраженья этих молний.

    14. Буря! Скоро грянет буря!

    15. Это смелый Буревестник гордо реет между молний над ревущим гневно морем; то кричит пророк победы:

    16. Пусть сильнее грянет буря!..


-----------.jpg

 

 

 

 

« l'Annonciateur de la Tempête » avec l'appellation populaire et poétique du Goéland. Comme l'explique le vicomte de Voguë « Nul ne s'est mépris en Russie sur les intentions transparentes de ce psaume révolutionnaire. L'Annonciateur de la Tempête célèbre la gloire « du messager de la tempête », l'oiseau de mer volant au-dessus des vagues écumantes et les lourdes nuées d'orage, tel un éclair noir, lançant dans cet orage son cri où s'exprime la puissance de la colère, la flamme de la passion et la certitude de la victoire ». Il s'ennuie le goéland, il annonce le bouleversement prochain, l'affranchissement et le salut de la nation, il appelle les vents d'orage où il pourra montrer la vigueur de son aile. 

 

 

 

TRADUCTION

 

l'Annonciateur des tempêtes

 

 

1. Sur les blanches plaines de la mer, le vent assemble les nuages. Entre les nuages et la mer, l'Annonciateur des Tempêtes plane fièrement semblable à un éclair noir.

 

2. Tantôt il effleure les vagues de son aile, tantôt il s'élance comme une flèche vers les nuages; il crie, et la joie éclate dans le cri hardi que l'oiseau jette aux nuages?

 

3. Ce qu'il y a dans ce cri? La soif de la tempête! Force de la colère, flamme de la passion, confiance dans la victoire, voilà ce que les nuages entendent dans ce cri.

 

4. Les mouettes gémissent avant la tempête, elle gémissent, rasent la mer, semblent prêtes à cacher dans ses profondeurs l'effroi que leur inspire la tempête prochaine.

 

5. Les grèbes aussi gémissent; ils ne peuvent comprendre ces grèbes, la volupté qu'on trouve dans les batailles de la vie; le fracas des coups de foudre les épouvantes.

 

6. Le stupide pingouin cache peureusement son corps gras dans les rochers ... Seul, le fier Annonciateur des tempêtes plane hardiment, librement sur la mer blanche d'écume.

 

7. Toujours plus sombres et plus proches, les nuages s'abaissent sur la mer; les vagues se haussent, elles chantent et dansent en appelant le tonnerre.

 

8. Le tonnerre gronde. Les vagues rugissent dans une écume de colère, elles se querellent avec le vent. Le vent enveloppe le troupeau des vagues dans son rude embrassement; furieux; il les jette d'un seul coup sur les rochers, il broie et pulvérise les montagnes d'émeraudes.

 

9. L'éclair noir, l'Annonciateur des tempêtes, plane et redouble ses cris; flèche rapide, il perce les nuages, il balaie de l'aile l'écume des vagues.

 

10. Il s'élance comme un démon, - le fier, le noir démon des tempêtes, il rit, il sanglote; il se rit des nuages, il sanglote de joie.

 

11. Dans les fureurs de la foudre, ce démon subtil a deviné une lassitude; il sait que les nuages ne voileront pas longtemps le soleil. Non, ils ne le voileront pas! Le vent hurle ...

 

12. La foudre éclate ...

 

13. Des flammes bleues tombent des nuages dans les abîmes de la mer. La mer engloutit les flèches des éclairs et les éteint dans ses gouffres. Comme des serpents de feu, les reflets de ces éclairs se tordent sur les flots et s'évanouissent.

 

14. - La tempête! Elle grandira bientôt la tempête!

 

15. C'est la voix de l'audacieux Annonciateur des tempête; il plane orgueilleusement entre les éclairs, sur la mer rugissante de colère; et il crie, prophète de victoire:

16. - Ah! Quelle gronde plus fort la tempête.

 


Maxime Gorki L'œuvre et l'homme. Extrait du livre du vicomte de Vogüé. Librairie Plon 1905, pp.70, 71, 72.

 

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  Мультфильм «Буревестник»

 по мотивам "песни"

 

 

 

Сюжет

Урок литературы в школе. Ученица-отличница очень эмоционально читает стихотворение Максима Горького «Песня о Буревестнике», однако ей постоянно мешают одноклассники. Поэтические слова тут же воплощаются в реальность.

 

Музыка :

  • Итальянская полька (С. Рахманинов)
  • Революционный этюд №12 Оп. 10 (Ф. Шопен)

 

 

 

О произведении

 

«Песня о Буревестнике» написана как часть рассказа «Весенние мелодии». Была опубликована в 1901 в журнале «Жизнь» как самостоятельное произведение после запрета цензурой всего рассказа.
 
После выхода «Песни» самого автора стали называть «буревестником» и «буреглашатаем». Образы «Песни о Буревестнике» многократно использовались большевистской пропагандой, отчего, зачастую, произведение воспринимается только в политическом и временном контексте. Однако в «Песне о Буревестнике», кроме призыва бури, звучит вечная тема одиночества отважного героя и противопоставление этой отваги обывательской трусости и ограниченной серой жизни.
8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 01:33

Из стихотворения "Осень" 

 

Музыка Г. Свиридова

 

 


 

***

Дни поздней осени бранят обыкновенно,

Но мне она мила, читатель дорогой,

Красою тихою, блистающей смиренно.

Так нелюбимое дитя в семье родной

К себе меня влечет. Сказать вам откровенно,

Из годовых времен я рад лишь ей одной,

В ней много доброго; любовник не тщеславный,

Я нечто в ней нашел мечтою своенравной.

 

 

***

Унылая пора! очей очарованье!

Приятна мне твоя прощальная краса —

Люблю я пышное природы увяданье,

В багрец и в золото одетые леса,

В их сенях ветра шум и свежее дыханье,

И мглой волнистою покрыты небеса,

И редкий солнца луч, и первые морозы,

И отдаленные седой зимы угрозы.

 

***

 

 " Il est du meuilleur ton de dénigrer l'automne.

Moi, l'arriére-saison me plait, ami lecteur,

par sa calme beauté humblement rayonnante.

Un peu comme un enfant mal aimé de ses proches,

elle m'attire.Et pour vous parler franchement,

c'est, des quatre saisons, la seule qui m'enchante.

Elle a bien des trésors; à l'amoureux modeste,

au reve capricieux elle offre un je ne sais..."

 


"Languissante saison, enchantement des yeux!
Il me plaît de revoir ta fragile beauté,
  Et le somptueux déclin de la nature,
les forêts revêtues d'or taché de carmin,
leur ombre où bruit un vent dont l'haleine fraîchit,
l'horizon recouvert d'une brume ondoyante,
les rais amenuisés du soleil, les gelées,
et l'annonce feutrée des périls de l'hiver..."

 

 

***

 

 

A chaque automne, je me sens revivre ;
Le froid russe est bon pour ma santé,
Je ressens à nouveau l’amour des habitudes de la vie :
Le sommeil vient facilement, la faim aussi ;
Mon sang coule avec bonheur dans mes veines.
Les envies bouillonnent – je suis à nouveau heureux, jeune ;
Je suis à nouveau plein de vie – tel est mon organisme.
(Et pardonnez-moi mon inutile prosaïsme).’

8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 00:52

 

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Александр Сергеевич Пушкин

Из "Евгения Онегина"

 

 

Но наше северное лето,
Карикатура южных зим,
Мелькнет и нет: известно это,
Хоть мы признаться не хотим.
Уж небо осенью дышало,

Уж реже солнышко блистало,

Короче становился день,

Лесов таинственная сень

С печальным шумом обнажалась,

Ложился на поля туман,

Гусей крикливых караван

Тянулся к югу: приближалась

Довольно скучная пора;

Стоял ноябрь уж у двора.

 

 

Alexandre Pouchkine

Extrait du roman « Eugène Onéguine »

 

Mais notre été, à nous, Nordiques

Parodie les hivers du Sud.

Il passe vite, et disparaît.

Reconnaissons cette évidence.

Déjà soufflait un air d'automne.

Déjà le soleil se faisait

Plus rare, et brèves les journées.

La forêt avec un bruit triste

Laissait se dénuder sa voûte.

La brume pesait sur les champs.

Les oies criardes s'en allaient

En bandes vers le Sud; bientôt

Viendrait une sombre saison.

Novembre frappait à la porte.

24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 20:27

 

 

Andreï Kourkov, dissidences et dialogues entre la Russie d’hier et d’aujourd’hui

 

 

Andreï Kourkov, connu notamment pour le succès de son livre "le Pingouin", revient sur le devant de la scène littéraire avec « Le jardinier d’Otchakov » qui pour le grand plaisir du lecteur nous offre un dialogue toujours plus vivant entre l’URSS d’hier et la Russie d’aujourd’hui. A découvrir rapidement en librairie. 

 

RENCONTRE DEDICACE

avec Andreï Kourkov

 

 

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  Mardi 31 janvier 2012

 

  de 18h00 à 19h30 : dédicace

 

et de 19h30 à 20h30 : rencontre avec l’auteur animée par une libraire

 

 

Librairie Coiffard

7 rue Fosse
44000 Nantes

Renseignements :  02.40.48.16.19

 

Plan ici


   

Le rouble soviétique, le premier Spoutnik, Khroutchev. Pour Igor, tout ça, c’est de l’histoire ancienne. Le passé pourtant vient toquer à sa porte sous les traits d’un vagabond tatoué (« Le jardinier d’Outchakov », L. Levi).

 

 

 

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Igor Vozny, trentenaire, chômeur et célibataire, vit avec sa mère à Irpen, dans la banlieue de Kiev. Igor est un homme simple et sans ambition; la retraite de sa mère suffit à les faire vivre et il préfère écluser quelques bouteilles avec son copain Kolian plutôt que de chercher du travail. Une vie paisible… Jusqu’au jour où se présente une sorte de vagabond, un certain Stepan Sadovnikov, qui propose de se charger des travaux de jardinage en échange d’un lit dans la remise…

Le dernier livre d’Andreï Kourkov est un livre romanesque et historiquement envoûtant. Avec habilité, il arrive à opposer la Russie d’aujourd’hui à celle du temps de l’URSS. Finalement plus que d’aventures, c’est d’obsession et d’un certain regret du passé extrêmement ancrés dans la Russie contemporaine dont il s’agit. Andreï Kourkov arrive à dresser un portrait social entre différentes générations dans cette Russie toujours déchirée par sa mémoire par le biais de ses personnages qui se cherchent dans leur propre présent. Russes dans l’âme, les pages pourtant portent un regard critique et puissant qui nous transportent dans un passéiste purement littéraire mais qui nous laisse néanmoins espérer à la reconstruction d’une Russie d’aujourd’hui.

 

Ses livres :

 

  • Le Pingouin, (Смерть постороннего la mort d'un intrus, 1996, plus connu sous le titre actuel Пикник на льду Pique-nique sur la glace). Première parution en France en 2001 chez Seuil, collection Points Roman.

Victor Zolotarev est un journaliste au chômage. Il vit à Kiev avec un pingouin récupéré au moment de la fermeture du zoo. Il trouve un emploi d'écrivain de nécrologie. Il écrit à l'avance les nécrologies de gens vivants ; ce qui est assez étonnant, c'est que ceux-ci ne le restent jamais très longtemps... À la suite de Victor, on pénètre au cœur de l'Ukraine d'aujourd'hui avec sa mafia, ses troubles et ses étranges animaux domestiques.
  • Le Caméléon,

Un jeune homme trouve un manuscrit de l'une des principales œuvres ukrainienne étrangement annoté. Cela va le mener vers une tombe, une carte au trésor et jusqu'au désert kazakh.
  • L'Ami du défunt, (Милый друг, товарищ покойника, 2001).

Un homme désespéré embauche un tueur à gages pour le supprimer. Quand il change d'avis, il est trop tard, enfin, en Ukraine, il y a toujours moyen de s'arranger.
  • Les pingouins n'ont jamais froid, (Закон улитки, 2002).

Où l'on retrouve Victor Zolotarev à la recherche de son pingouin… Ce nouveau voyage nous emmène jusqu'en Tchétchénie après l'Ukraine et la Russie.
  • Le Dernier Amour du président, (Последняя любовь президента, 2004).

En Ukraine, en 2015, un homme devient, presque malgré lui, président de la république. Il nous livre ses souvenirs et ses réflexions. Ce livre, paru peu de temps avant la révolution orange, paraît prémonitoire.
  • Laitier de nuit (Ночной молочник, 2007), Éditions Liana Levi‎. Édition poche parue chez Points en 2011 

  • Surprises de Noël, nouvelles, 2010, 62 p.  Éditions Liana Levi‎. collection Piccolo.

 

Pour aller plus loin avec la librairie Coiffard

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