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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 07:18

Je vous reconmmande ce livre que j'ai bien aimé :

 

"Dernières nouvelles du bourbier"

de Alexandre Ikonnikov

 

Ikonnikov.jpg

 

L’univers littéraire russe est marqué par une originalité supplémentaire : les écrivains vont parfois se faire éditer à l’étranger et, dans ce cadre, écrivent même dans une autre langue que leur langue dite maternelle. C’est le cas de Vladimir Kaminer, qui écrit toute son œuvre en allemand, et est même considéré comme un écrivain de langue allemande, mais aussi d’Ikonnikov, qui écrit principalement en russe, avant de se traduire lui-même en allemand, mais peut aussi rédiger directement dans cette langue, qu’il enseigne par ailleurs.

 

Le recueil de nouvelles qu’Alexandre Ikonnikov a publié en Occident, et non pas en Russie, entre autres pour des raisons financières, s’intitule Taïga Blues en Allemagne et Dernières nouvelles du bourbier en France. D’emblée, le contrat de lecture est différent : le titre français ne comporte pas de connotation relative à la Russie, et si le blues évoque la mélancolie, le bourbier fait plutôt référence à une situation difficile. Le titre allemand, à consonance anglophone et internationale, aurait pu être maintenu tel quel en français, et dans ses interviews, l’auteur révèle qu’il a été choisi pour des raisons commerciales.

Le changement qu’il subit ouvre un questionnement sur la réception de l’œuvre, et même sur son identification. Le titre français conduit à lui attribuer un caractère comique et à lire le recueil dans l’optique satirique, tandis que le titre allemand oriente la lecture différemment et pointe vers une autre interprétation sur le plan même de la philosophie que les textes recèlent : le lecteur s’attend à une œuvre mélancolique, dont la tristesse porte à douter du sens de l’existence. Taïga Blues relèverait plutôt de l’absurde.

 

Lire la suite :

http://slavica.revues.org/297

 

" En fait, la prétendue âme russe se réduit à quatre composantes : la croix russe, la langue, la vodka et le bonheur dans la souffrance. "

 

Une mutinerie dans une colonie pénitentiaire, un paysan qui achète une machine à laver sans penser à l'évacuation d'eau, la visite présidentielle dans une province qui prospère aux dépens du bien public, un appelé oublié dans la steppe par son unité militaire Ikonnikov porte sur ses compatriotes un regard aigu. Loin de Moscou, il nous fait pénétrer dans un monde archaïque, retourné à une forme de communion à la fois corporelle et spirituelle. Fidèle à une tradition russe qui va de Gogol à Babel, Alexandre Ikonnikov ne condamne pas plus qu'il n'enjolive. Mêlant comique et tragique, il se tient à une distance soigneusement réglée, celle de l'observateur actif.

 

 

Amazon.fr :

 

On s'attend à un recueil de nouvelles dures, sans pitié, à la vision froide comme les régions lointaines du pays qu'elle décrivent. Ce n'est pas tout à fait faux, ni tout à fait vrai. Alexandre Ikonnikov est un guide objectif portant sur son pays un regard qui ne juge ni ne méprise. Il évoque ces terres reculées, bien loin de Moscou avec une candeur d'écrivain voyageur vierge de toute éducation. À la surface de ces textes brefs, confinant tout aussi bien au tragique qu'à l'absurde, affleure l'essence du peuple russe, bien loin des clichés d'un Occidental en maraude. Un peuple qui s'accommode, en vrac, des conditions climatiques, de la vodka frelatée, de l'ouverture au libre-échangisme et à la loi du marché, des trafics des puissants, des décisions arbitraires, de l'instinct de survie, de la beauté de la vie. Comme ces deux amis partant à la pêche accompagnés d'une bonne dose d'alcool de contrebande, ce directeur de district forestier en proie aux ordres insensés de sa hiérarchie, ces policiers taraudés par le doute quand il s'agit de se débarrasser de la jambe qu'une femme à ôtée à son mari d'un coup de hache...
 
Ce livre est une comète. Ne le manquez pas. Alexandre Ikonnikov nous parle trop bien de l'humanité pour que vous passiez à côté.
 
--Hector Chavez

 

 

Biographie de l'auteur :

Alexandre Ikonnikov est né en 1974 à Urshum, près de Kirov, au bord de la Viatka. Ses études d'allemand achevées, Alexandre Ikonnikov a l'âge du service militaire ; peu désireux de se retrouver dans l'armée russe (c'est alors la guerre en Afghanistan), il fait le choix du service civil. Deux années durant, il enseigne l'anglais à Bystritza.

Ikonnikov s'installe ensuite à Kirov où il collabore à un journal local en tant que journaliste et interprète, et renonce rapidement à ces activités pour se consacrer à l'écriture.

 

Son premier livre, Dernières nouvelles du bourbier, d'abord publié en Allemagne (sous le titre Taiga Blues), a parfois été directement écrit en allemand. Alexandre Ikonnikov n'est pas publié dans son pays.

 

2 éditions :

 

- Editions de l'Olivier (15 janvier 2003) 18 €

- Seuil (28 août 2004)  Collection : Points - Numéro 1250  6 €

 

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